Aspirant André Zirnheld

Biographie

A l’initiative de Monsieur Geoffroy Boulard, Maire du 17ème arrondissement de Paris, une place a été dédiée, ce jour, à la mémoire du sous-lieutenant André Zirnheld, premier officier parachutiste français tué au combat.
Compagnon de la Libération, il était titulaire de la médaille militaire, de la croix de Guerre 39/45 avec 2 palmes et de la médaille de la Résistance avec rosette.
André Louis Arthur Zirnheld est né le 7 mars 1913 à Paris (16ème).
Au terme de ses études secondaires au pensionnat diocésain de Passy, il obtient son diplôme d’études supérieures de philosophie.
Nommé professeur en 1937, il enseigne la philosophe au collège de Sousse, puis au lycée Carnot à Tunis.
C’est à ce moment qu’il écrira « La prière », logiquement devenue depuis la « Prière du Para » dont son frère d’armes, l’Aspirant Martin qui servait à ses côtés a retrouvé le carnet en rangeant ses affaires après sa mort.
En effet, en octobre 1938, il part faire son service national, détaché en qualité de militaire, comme professeur au collège de la mission laïque française de Tartus en Syrie.
A l’armistice du 22 juin 1940, il choisit de rejoindre les Britanniques en Égypte et s’engage dans les Forces Françaises Libres. Formé à l’école des élèves-officiers de Brazzaville de mai à décembre 1941, il est nommé aspirant.
En mars 1942, il rejoint le « Spécial Air Service (SAS) » où il devient commando parachutiste dans le « French Squadron » du capitaine Bergé.
Le 27 juillet 1942, il est mortellement blessé lors du décrochage de l’attaque victorieuse de l’aérodrome allemand de Sidi Haneisch, près de Marsa Matruh, en Égypte.
Inhumé sur place sa dépouille sera ramenée au cimetière des Batignolles, à quelques centaines de mètres au Nord de cette place où nous étions nombreux jeudi soir.

Prière du Para

Je m’adresse à vous , mon Dieu,
car vous seul donnez
ce qu’on ne peut obtenir que de soi.
Donnez moi, mon Dieu ce qu’il vous reste
Donnez moi ce qu’on ne vous demande jamais.
Je ne vous demande pas le repos
ni la tranquillité
ni celle de l’âme, ni celle du corps
Je ne vous demande pas la richesse
ni le succès, ni peut-être même la santé.
Tout çà, mon Dieu, on vous le demande tellement
que vous ne devez plus en avoir.
Donnez moi, mon Dieu, ce qu’il vous reste
Donnez moi ce que l’on vous refuse
Je veux l’insécurité et l’inquiétude
Je veux la tourmente et la bagarre
et que vous me les donniez, mon Dieu,
définitivement,
que je sois sûr de les avoir toujours,
car je n’aurai pas toujours le courage
de vous les demander.
Donnez moi, mon Dieu, ce qu’il vous reste
Donnez moi ce dont les autres ne veulent pas
Mais donnez-moi aussi le courage
et la force et la foi
Car vous seul donnez
ce qu’on ne peut obtenir que de soi.



Cette prière chrétienne est une prière universelle : elle vit en chaque parachutiste, quelle que soit l’époque, quelle que soit son origine, quelle que soit sa croyance.

1942, l’aspirant François Martin découvre cette profession de foi dans un carnet présent dans les effets personnels d’un parachutiste qui vient de mourir en opération lors d’un raid qu’ils ont mené ensemble sur la grande base aérienne allemande de Sidi-Haneish en Égypte.

Elle fait partie de son paquetage spirituel.
Murmurée, récitée, chantée et même pleurée car chargée d’émotions et de souvenirs de combats menés ensemble et de visages disparus sur tous les fronts, elle est devenue la prière de tous ceux qui se préparent au sacrifice ultime. Son auteur s’appelle André Zirnheld, membre des Forces Françaises Libres et du « Special Air Service », les forces spéciales des forces armées britanniques.